1975 --- Amoureux de Paname

1975 --- Amoureux de Paname
Amoureux de Paname

1. Amoureux de Paname
2. Société, tu m'auras pas
3. Petite fille des sombres rues
4. La Java Sans Joie
5. Gueule d'aminche
6. La Coupole
7. Hexagone
8. Ecoutez-moi les Gavroches
9. Rita ( Chanson d'amour )
10. Camarade Bourgeois
11. Le Gringalet
12. La Menthe à l'eau
13. Greta
# Posté le samedi 10 décembre 2005 17:50
Modifié le jeudi 28 juin 2007 02:57

Amoureux de Paname

Amoureux de Paname
Amoureux de Paname

Ecoutez-moi, vous les ringards,
écologistes du sam'di soir,
cette chanson-là vaut pas un clou
mais je la chante rien que pour vous.
Vous qui voulez du beau gazon,
des belles pelouses, des p'tits moutons,
des feuilles de vigne et des p'tites fleurs,
faudrait remettre vos montres à l'heure.

Moi j'suis amoureux de Paname,
du béton et du macadam,
sous les pavés ouais c'est la plage,
mais l'bitume c'est mon paysage,
le bitume c'est mon paysage.

Ecoutez-moi, vous les ringards,
écologistes des boul'vards,
vos beaux discours y'en a plein l'dos,
y'a du soleil dans les ruisseaux.
La Tour Montparnasse elle est belle,
et moi j'adore la Tour Eiffel,
y'a plein d'amour dans les ruelles
et d'poésie dans les gratt'ciel.

Moi j'suis amoureux de Paname,
du béton et du macadam,
sous les pavés ouais c'est la plage,
mais l'bitume c'est mon paysage,
le bitume c'est mon paysage.

Ecoutez-moi, vous les ringards,
écologistes des grands soirs,
la pollution n'est pas dans l'air,
elle est sur vos visages blèmes.
Moi j'aime encore les pissotières,
J'aime encore l'odeur des poubelles,
J'me parfume pas à l'oxygène,
Le gaz carbonique c'est mon hygiène.

Moi j'suis amoureux de Paname,
du béton et du macadam,
sous les pavés ouais c'est la plage,
mais l'bitume c'est mon paysage,
le bitume c'est mon paysage.
# Posté le samedi 10 décembre 2005 17:56
Modifié le jeudi 28 juin 2007 02:57

Société tu m'auras pas

Société tu m'auras pas
Société, tu m'auras pas

Y'a eu Antoine avant moi,
y'a eu Dylan avant lui,
après moi qui viendra ?
après moi c'est pas fini.
On les a récupérés.
oui mais moi on m'aura pas,
je tirerai le premier,
et j'viserai au bon endroit.

J'ai chanté 10 fois, 100 fois,
j'ai hurlé pendant des mois,
j'ai crié sur tous les toits,
ce que je pensais de toi,
société, société,
tu m'auras pas.

J'ai marché sur bien des routes,
j'ai connu bien des pat'lins,
partout on vit dans le doute,
partout on attend la fin.
J'ai vu occuper ma ville
par des cons en uniformes
qu'étaient pas vraiment virils,
mais qui s'prenaient pour des hommes.

J'ai chanté 10 fois, 100 fois,
j'ai hurlé pendant des mois,
j'ai crié sur tous les toits,
ce que je pensais de toi,
société, société,
tu m'auras pas.

J'ai vu pousser des barricades,
j'ai vu pleurer mes copains,
j'ai entendu les grenades
tonner au petit matin.
J'ai vu ce que tu faisais
du peuple qui vit pour toi,
j'ai connu l'absurdité
de ta morale et de tes lois.

J'ai chanté 10 fois, 100 fois,
j'ai hurlé pendant des mois,
j'ai crié sur tous les toits,
ce que je pensais de toi,
société, société,
tu m'auras pas.

Demain, prends garde à ta peau,
à ton fric, à ton boulot,
car la vérité vaincra,
la Commune refleurira.
Mais en attendant, je chante,
et je te crache à la gueule
cette petite chanson méchante
Que t'écoutes dans ton fauteuil.

J'ai chanté 10 fois, 100 fois,
j'ai hurlé pendant des mois,
j'ai crié sur tous les toits,
ce que je pensais de toi,
société, société,
tu m'auras pas.
# Posté le samedi 10 décembre 2005 18:00
Modifié le samedi 10 décembre 2005 18:43

Petite fille des sombres rues

Petite fille des sombres rues
Petite fille des sombres rues

Non, ne crois pas, fillette,
me retenir encore
dans tes rues sans violettes,
dans ton triste décor.
N'essaie pas de me suivre,
déserte mes rivages,
loin de toi, je veux vivre
de plus beaux paysages.

Petite fille des sombres rues, éloigne-toi,
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.

J'ai trop longtemps vécu
dans de pauvres ruelles,
trop longtemps attendu
un dernier arc-en-ciel.
J'ai besoin de soleil
et d'horizons moins gris,
je veux voir les merveilles
que, près de toi, j'oublie.

Petite fille des sombres rues, éloigne-toi,
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.

Je ne suis pas de ceux
que chasse la lumière,
et qui vivent heureux
un éternel hiver
De l'amour je ne veux
que les filles des rivières,
lorsque j'aime les yeux,
j'aime aussi la chaumière.

Petite fille des sombres rues, éloigne-toi,
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.

Nos chemins se séparent,
entends, la vie m'appelle,
je quitte tes trottoirs
et tes grises dentelles.
Je pars pour des royaumes
où l'on m'attend peut-être,
où le bonheur embaume,
et donne un air de fête.

Petite fille des sombres rues, éloigne-toi,
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.

Laisse-moi m'en aller,
je n'ai plus rien à dire,
mais si tu veux pleurer,
n'essaie pas de sourire.
Retourne dans ta nuit,
au fond de tes faubourgs,
retourne dans l'ennui
qui habite tes jours.

Petite fille des sombres rues, éloigne-toi,
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.
# Posté le samedi 10 décembre 2005 18:08
Modifié le samedi 10 décembre 2005 18:44

La java sans joie

La java sans joie
La Java Sans Joie

Moi j'aime bien chanter la racaille,
la mauvaise herbe des bas-quartiers,
les mauvais garçons, la canaille,
ceux qui sont nés sur le pavé.
J'ai bien du mal à les chanter
tell'ment qu'elles sont tristes mes histoires,
mais celle que j'vais vous raconter,
elle fait même pleurer ma guitare.

Ecoutez-la, ma java sans joie,
c'est la java d'un p'tit gars,
écoutez-la, ma java sans joie,
la java d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi.

Sa mère l'avait eu un beau soir,
alors qu'elle s'y attendait pas,
il est né près des grands boul'vards,
sur le pavé humide et froid.
Il a jamais su l'nom d'son père,
puisque sa vieille vingt fois par jour,
pour dix sacs s'envoyait en l'air,
dans un boxon d'la rue du Four.

Ecoutez-la, ma java sans joie,
c'est la java d'un p'tit gars,
écoutez-la, ma java sans joie,
la java d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi.

Après avoir quitté l'école,
où qu'y s'est pas trop attardé,
il s'est mis dans la cambriole,
avec ses copains de Saint-Mandé.
Il a voyouté quelque temps
avec Dédé-le-Surineur,
avec Julot-d'Ménilmontant,
et toute la bande du Sacré-Coeur.

Ecoutez-la, ma java sans joie,
c'est la java d'un p'tit gars,
écoutez-la, ma java sans joie,
la java d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi.

Il commençait à s'faire un nom,
et dans les petits bals musette,
lorsque jouait l'accordéon,
on voyait tourner sa casquette.
Il butta son premier larron
alors qu'il avait pas vingt ans,
le crime c'était sa vocation,
l'arnaque c'était son tempérament.

Ecoutez-la, ma java sans joie,
c'est la java d'un p'tit gars,
écoutez-la, ma java sans joie,
la java d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi.

Dans l'quartier où i'f'sait son beurre,
y'a des gens qui l'appelaient Monsieur,
mais les flics ces petits fouineurs
ne le quittaient jamais des yeux.
Quand il a eu un peu trop d'sang
sur ses doigts couverts de bijoux,
ils l'ont ficelé sur du bois blanc
et ils lui ont tranché le cou.

Ecoutez-la, ma java sans joie,
c'est la java d'un p'tit gars,
écoutez-la, ma java sans joie,
la java d'un p'tit gars qu'était sans foi ni loi.
# Posté le samedi 10 décembre 2005 18:11
Modifié le samedi 10 décembre 2005 18:44